La belle au bois dormant

J'en ai rêvé :



AURORE : Mon amour, je t'ai vu au beau milieu d'un rêve,
Mon amour, un aussi doux rêve est un présage d'amour,
Refusons tous deux que nos lendemains soient mornes et gris.
Nous attendrons l'heure de notre bonheur,
Toi ma destinée, je saurais t'aimer, j'en ai rêvé.

La, la, la...

Nous attendrons l'heure de notre bonheur,
Toi ma destinée...

PHILIPPE: ...Je saurais t'aimer, tu l'as rêvé.

Mon amour, tu m'as vu au beau milieu d'un rêve,
Mon amour, un aussi doux rêve est un présage joli...

CHOEURS : ... Refusons que nos lendemains soient mornes et gris.
Nous attendrons l'heure de notre bonheur,
Toi ma destinée, je saurais t'aimer, j'en ai rêvé.

# Posté le dimanche 10 août 2008 16:03

Modifié le vendredi 19 septembre 2008 14:10

La belle et la bete

Bonjour Belle :



BELLE : Ville sage, sur un petit nuage,
Où les jours se tiennent immobiles,
Où les gens dès le matin bavardent,
De tout et de rien.

VILLAGEOIS : Bonjour ! Bonjour ! Bonjour ! Bonjour ! Bonjour !

BELLE : Le boulanger porte son plateau, bien garni,
Du bon vieux pain de son fournil.

Depuis qu'on est arrivé,
Les gens me sont étrangers,
Dans les rues qui pleurent d'ennui.

BOULANGER : Oh, bonjour Belle !

BELLE : Bonjour Monsieur.

BOULANGER : Où est-ce que tu vas ?

BELLE : Chez mon ami le libraire,
Je viens de terminer une merveilleuse histoire,
A propos d'un ogre, du Roi, des haricots...

BOULANGER : Très intéressant... Marie, les baguettes, et qu'çà saute !

VILLAGEOIS: La tête ailleurs et ce petit air audacieux,
D'un chat sauvage sous une ombrelle.
Elle ne parle pas notre langage...
Elle est toujours dans les nuages...
C'est bien vrai qu'elle est étrange Mademoiselle Belle !
Bonjour !
Bonjour !
Salue la famille.
Bonjour !
Bonjour !
Embrasse ta femme.
Il me faut six œufs !
Tu veux nous ruiner !

BELLE : Je veux vivre autre chose que cette vie !

LIBRAIRE : Ah, Belle...

BELLE : Bonjour, je rapporte le livre que je vous ai emprunté.

LIBRAIRE : Comment çà, déjà ? !

BELLE : Oh, je l'ai dévoré en une nuit.
Vous avez quelque chose d'autre ?

LIBRAIRE : Depuis hier, non, hélas !

BELLE : Çà ne fait rien, je prendrai... celui-là.

LIBRAIRE : Celui-là ? Mais tu l'as déjà lu deux fois !

BELLE : C'est mon préféré. J'aime les romans de cape et d'épée,
Pleins de magie et de Princes ensorcelés...

LIBRAIRE : Eh bien si tu l'aimes tellement, je t'en fait cadeau !

BELLE : Mais Monsieur...

LIBRAIRE : J'insiste.

BELLE : Oh, merci, merci infiniment !

VILLAGEOIS : La tête ailleurs avec des rêves pleins les yeux,
On ne sait pas quoi penser d'elle.

Elle a toujours l'air absent,
Ou plongé dans ses romans,
Quel mystère pour nous que cette Mademoiselle Belle !

BELLE : C'est le plus beau des romans,
Et tout ce passage m'enchante, tu vois !
Elle rencontre le Prince Charmant,
Mais elle ne l'apprend pas avant le chapitre trois !

CLIENTE : Il faut bien dire que son nom lui va comme un gant,
Car sa beauté est sans pareille.

CHAPELIER : Mais sous son visage d'ange,
Elle est quand même très étrange,
C'est vrai qu'elle ne ressemble à personne...

VILLAGEOIS : Non elle ne ressemble à personne,
Cette fille ne ressemble à personne c'est Belle !

LE FOU : Ouahh, tu ne rates jamais ta cible Gaston,
T'es le plus grand chasseur du monde.

GASTON : Le meilleur !

LE FOU : Aucune bête n'a la moindre chance de gagner contre toi,
Aucune fille non plus d'ailleurs.

GASTON : Aucune Le Fou, et j'ai jeté mon dévolu sur cette délicieuse
enfant.

LE FOU : La fille de l'inventeur ?

GASTON : Exactement !
C'est l'heureuse élue que je vais épouser,
La plus belle fille de la ville,
La seule qui soit assez belle et qui a la chance d'être
choisie par moi !

LE FOU : Oui, bien sûr, mais comment est-ce que tu... ?
GASTON : A l'instant même où je l'ai vue, ingénue,
Je suis tombé amoureux d'elle.

Elle est la seule ici-bas,
Que je trouve digne de moi,
Et je compte bien épouser cette demoiselle.

FILLES : Il est divin, il est à frémir.
Monsieur Gaston, quel beau garçon !
Mon coeur s'emballe, je vais défaillir,
Y'a que lui pour vous donner le grand frisson...

VILLAGEOIS: Bonjour !

GASTON : Pardon !

VILLAGEOIS: Çà va ?

Mais oui !
Gardez votre poisson !
Je veux des saucisses...
Une part...
Dix mètres...
...de Brie...

GASTON : Pardon !

VILLAGEOIS: ...et bien servie.

GASTON : Vous permettez !

VILLAGEOIS: Le pain...
Les soles...
...est sec !
...sont vertes !
Mettez vos lunettes !

BELLE : Je veux vivre autre chose que cette vie !

GASTON : Je ferai pour Belle un excellent mari !

VILLAGEOIS: La tête ailleurs perdue dans son univers,
C'est une étrange demoiselle !

Elle est fantasque et bizarre,
Un fossé nous sépare.

C'est vrai qu'elle ne ressemble à personne,
Non, elle ne ressemble à personne,
Cette fille ne ressemble à personne,
C'est Belle !

# Posté le dimanche 10 août 2008 16:18

La belle et la bete

Gaston



GASTON : Pour qui se prend cette petite dinde,
Un homme comme moi, c'est la chance de sa vie.

Les femmes se battraient pour être à sa place.

LE FOU : Y'en a pas une qui dirai non !

GASTON : Repoussé, rejeté, publiquement humilié,
Je déteste qu'on me prenne pour une poire !

LE FOU : Une petite poire ?

GASTON : A quoi bon, çà ne sert à rien,
Je suis ridiculisé !

LE FOU : Qui, toi ? Jamais Gaston !
Faut pas te laisser abattre, t'as plus d'une corde à ton arc.

J'aime pas quand t'as l'air malheureux Gaston,
Et complètement raplapla.

Tout le monde voudrait être dans ta peau, Gaston,
Même quand c'est pas la grande joie.

De tout le village, c'est toi le chouchou,
C'est toi le préféré de la bande.

Toutes les femmes devant toi sont à genou,
Et c'est pas difficile à comprendre.

Le plus beau, c'est Gaston,
Le plus costaud, c'est Gaston,
Et personne n'a un cou de taureau comme Gaston.

Un caïd qui a du chien et des manières,
Du chic et de la prestance.

Demandez à Tony, Dick ou Norbert,
Ils vous diront tout de suite sincèrement ce qu'ils en pensent.

CHOEURS : Le plus chouette, c'est Gaston,
La vedette, c'est Gaston !

LE FOU : Et personne n'a comme lui une fossette au menton.

GASTON : J'ai un corps d'Apollon, du plomb dans la tête !

CHOEURS : Ah, quel champion ce Gaston !

Hip-Hip Hourra, Hourra Hip-Hip !

LE FOU : Gaston, sept sur sept,
Tout le reste vaut tripette.

CHOEURS : Le plus fort, c'est Gaston,
Le plus sport, c'est Gaston.

NORBERT: Quand tu le mets sur un ring,
Personne mord comme Gaston !

FILLES: C'qu'il est grand, c'qu'il est beau et bien bâti.

GASTON : Çà c'est pas du biceps en papier !

LE FOU : Il n'est pas rabougri, ni riquiqui.

GASTON : C'est vrai ! Et mon torse velu fait ma célébrité !

CHOEURS : Le plus classe, c'est Gaston,
Le plus coriace, c'est Gaston.

LE FOU : Au concours de crachats, personne crache comme Gaston !

GASTON : Je suis vraiment très doué en expectoration...

CHOEURS : C'est bon mon Gaston !

GASTON : Quand j'étais petit, je gobais quatre douzaines d'oeufs,
Pour être fort, pour me sentir à l'aise.
Maintenant que je suis grand, j'en avale quarante neuf,
C'est pour çà que je suis le Roi des balèzes !

CHOEURS : Personne vise comme Gaston,
Personne frise comme Gaston.

LE FOU : Et personne n'a les bottes ni les chemises de Gaston.

GASTON : Je collectionne les trophées, j'en ai plein la maison !

CHOEURS : C'est toi le champion, Gaston !

(REPRISE :)

GASTON : Ce vieux fou de Maurice ? HMMM ?
Ce vieux fou de Maurice ? !

Pour la première fois j'ai une idée !

LE FOU : Y'a pas pire pour un homme...

GASTON : Je sais !

Mais le père de Belle est un vieux farceur,
Qui a souvent des idées très toc-toc !

Dans ma petite tête, çà tourne comme une toupie,
Depuis que j'ai vu ce vieux sacripant !

Je me suis bien promis que j'épouserai Belle,
Et pour çà j'ai monté tout un plan !

Imagine...

LE FOU : Oui !

GASTON : On pourrait...

LE FOU : Non, tu crois ?

GASTON : Et je l'ai !

LE FOU : Çà y est, j'ai compris !

DUO : En choeur !

Personne joue comme Gaston...

GASTON : N'est filou comme Gaston !

LE FOU : Personne ne persécute les vieux fous comme Gaston.

CHOEURS : Et bientôt nous fêterons ses épousailles !
C'est toi le champion, Gaston !

# Posté le dimanche 10 août 2008 16:26

La belle et la bete

C'est la fête :





LUMIERE : Musique !

Ma chère mademoiselle,
C'est avec une profonde fierté et immense plaisir,
Que nous vous invitons ce soir.

Détendez-vous, ne pensez plus à rien, prenez place,
Et laissez la haute gastronomie Française vous présenter :
votre dîner.

C'est la fête, c'est la fête,
Service garanti impec'.
Mettez votre petite bavette chérie, et nous,
On veille au reste.

Plat du jour et hors-d'œuvre,
Ici, on sert à toute heure.
Cuisine au beurre, c'est la meilleure,
Et croyez-moi, je suis connaisseur !

Tout le monde chante, tout le monde danse,
Oui, mam'selle, çà c'est la France !

Un bon dîner çà vaut mieux qu'un coup de trompette.
Prenez donc le menu, et quand vous l'aurez lu,
On fera la fête, ce sera chouette, ma minette.

Mironton, pommes sautées, paris-brest ou crêpes flambées...

On vous prépare avec art,
Une fête à vous couper le sifflet.

Vous êtes seule, et pas fière,
Mais mam'selle, laissez-vous faire !

Y'a pas de cafard, y'a pas de déprime,
Quand les assiettes sont des copines !

J'ai la côte pour jongler,
Avec mes potes chandeliers.

COUVERTS : Tout çà dans la tradition des grandes maisons !

Allez, levons nos verres, et sautons la barrière,
Pour les fillettes...

LUMIERE : ...tristounettes, moi je connais qu'une seule recette :

COUVERTS : C'est la fête, c'est la fête, c'est la fête !

LUMIERE : La vie est un supplice,
Pour un domestique sans office,
Qui ne peut faire le bonheur d'âme qui vive.

Ah, le bon vieux temps des jours de labeur,
Que la vie a classé aux archives.

Dix ans de vrai galères,
Ratatinés par la poussière,
Sans jamais pouvoir montrer notre savoir-faire,
A déambuler autour du château...

Badaboum, pomme d'api,
Youp-là boum, thank you my lady !

MME SAMOVAR : Un dîner aux chandelles,
Mais tout est prêt pour la demoiselle.
Bombes glacées, Champagne au frais,
Nappes empesées, dans ma corbeille.

Au dessert, je ferais du thé,
C'est ma grande spécialité,
Pendant que les tasses jouent du torchon,
Je ferais mes pimpon, mes petits bouillons,
Je soufflerai comme une folle...

J'ai une tâche, çà çà me désole,
L'important ce serait de donner bonne impression.

En route et sauve qui peut,
Ce sera un sucre ou deux, ma mignonnette ?

COUVERTS : C'est la fête, c'est la fête !

C'est la fête, c'est la fête,
Vos désirs et vos requêtes,
Après dix ans de faux-semblants,
Viennent égayer notre retraite !

Pour combler, mettre à l'aise,
On s'démène pour que çà vous plaise.
Dans la lumière des chandelles,
Vous serez gâtée ma tourterelle !

Sans façons, sans grimaces,
Jusqu'à ce que vous criez grâce !
Après le dîner, on poussera l'escarpolette.

Demain vous irez mieux,
Et ce soir tout est bleu,
On fait la fête, oui la fête,
On fait la fête ! !



# Posté le lundi 11 août 2008 06:11

La belle et la bete

Je ne savais pas :



BELLE : Y'a quelque chose, dans son regard,
D'un peu fragile et de léger, comme un espoir.

Toi, mon ami, aux yeux de soie,
Tu as souri, mais hier encore je ne savais pas.

LA BETE : Elle me regarde, je le sens bien,
Comme un oiseau sur moi elle a posé sa main !
Je n'ose y croire, pourtant j'y crois,
Jamais encore elle n'avait eu ce regard-là.

BELLE : C'est le plus fou des romans,
Et toute cette histoire m'enchante, c'est vrai !
Il n'a rien d'un Prince Charmant,
Mais aux pages du temps mon cœur s'éveille en secret.

LUMIERE : Qui l'aurait cru ?

MME SAMOVAR : C'est incongru !

PENDULE: Qui l'aurait su ?

MME SAMOVAR : Ah oui, mais qui ?

LUMIERE : Qui pouvait croire que ces deux-là ce seraient plu ?

MME SAMOVAR : C'est insensé...

TRIO : ... Attendons voir, ce qu'çà donnera,
Y'a quelque chose qui hier encore n'existait pas !

PENDULE: Y'a quelque chose qui hier encore n'existait pas !

MME SAMOVAR : Y'a quelque chose qui hier encore n'existait pas !

# Posté le lundi 11 août 2008 06:18